Avril est le mois de la sensibilisation au cancer de la tête et du cou. Nous partageons l’histoire de Paul Dubé, un survivant de ce type d’un tel cancer. Cet article a été publié dans le numéro de février 2025 de « News from SPOHNC », publié par Support for People with Oral and Head and Neck Cancer (SPOHNC) – www.spohnc.org.
Je m’appelle Paul et je suis fier d’être un survivant du cancer en rémission. Mes rappels quotidiens et constants sont appelés « gestion des symptômes ». Je m’explique.
Après une série de visites chez différents médecins en janvier 2016, j’ai subi deux biopsies, la dernière confirmant mon cancer de la gorge de stade 4. Ce fut un choc pour ma famille et moi, car personne n’avait été diagnostiqué d’un cancer auparavant.
J’ai rencontré mon équipe de spécialistes, j’ai écouté les avantages et les inconvénients, les risques et les bénéfices, et je me suis lancé.
Après avoir reçu un masque facial moulé, j’ai subi 8 séances de chimiothérapie et 30 séances de radiothérapie sur la tête et le cou en l’espace de 8 semaines. Certains jours les deux traitements étaient administrés le même jour.
À la maison, je vivais sur le divan avec mon chien et une équipe de soutien formidable qui me rappelaient de prendre soin de moi et qu’elle s’occuperait du reste.
Il y a eu très peu de bonnes journées pendant les cinq mois qu’a duré le traitement de la tumeur. J’avais également de grandes difficultés à manger et à avaler des aliments et des liquides. Si bien qu’ils ont décidé d’insérer une sonde d’alimentation dans mon estomac pour me nourrir. Même si ce n’était pas douloureux, c’était très inconfortable.
Mon dernier traitement a eu lieu le 14 juin 2016. Ce jour-là, j’ai quitté l’hôpital avec une rose rouge et l’idée de mettre toute cette épreuve derrière moi. J’avais gagné la manche, mais pas le combat !
Comme je l’ai dit, j’étais conscient des conséquences possibles. J’ai perdu l’odorat et le goût dès le début des traitements, mais on m’a dit que c’était « normal ». Des jours, puis des mois se sont écoulés sans que je retrouve mes sens.
Les médecins m’ont assuré que c’était normal et qu’il fallait laisser passer un peu de temps, car tous les patients réagissent différemment. Pour être honnête, vivre sans deux de mes sens a commencé à me peser physiquement et mentalement, mais j’ai gardé une lueur d’espoir que tout cela se terminerait un jour ou l’autre.
Vivre sans deux de mes sens a commencé à me peser physiquement et mentalement, mais j’ai gardé une lueur d’espoir que tout cela se terminerait un jour ou l’autre.
Comme je l’ai mentionné plus haut à propos de la gestion des symptômes, avançons rapidement jusqu’à aujourd’hui, presque 7 ans plus tard, et je vis toujours sans odorat ni goût. Certains diront que j’ai de la chance d’être en vie et, tout dépendant de la journée, je serais d’accord — ou pas — avec cette affirmation.
Nous ne sommes pas très nombreux à être dans ce cas, mais heureusement, il existe des groupes de soutien dans toute l’Amérique du Nord pour nous aider. J’ai décidé de reprendre le travail, ce qui a été une très bonne thérapie.
C’est après avoir assisté à une réunion d’un club local de lutte contre le cancer qu’une lumière s’est allumée et que j’ai décidé de m’impliquer et d’aider d’autres personnes qui pourraient bénéficier de mon expérience.
Mon premier travail bénévole officiel a consisté à animer le club local pour les hommes atteints de cancer. Cela m’a amené à faire du mentorat par téléphone. Je travaille présentement à temps plein, j’anime le Club des hommes et j’ai jusqu’à six patients avec qui je parle chaque semaine.
Je m’apprête à relever un nouveau défi en tant qu’ambassadeur du cancer auprès d’une autre association, tout en suivant des cours de soins palliatifs. J’ai eu le plaisir de travailler sur des podcasts et sur YouTube, sur le thème du cancer et de la santé mentale. J’ai une grande passion pour partager et aider les autres à faire face au cancer.
Merci.
Paul Dubé est l’animateur du Club des hommes de L’espoir, c’est la vie. Si vous êtes un homme âgé de 40 ans et plus, vivant avec un cancer, et que vous souhaitez obtenir du soutien, contactez-nous. Vous n’êtes pas obligé d’affronter le cancer seul. Nous pouvons vous aider.