Cuisiner sainement pendant le cancer : l’approche chaleureuse d’Andrée Vandal

Andrée et Marianne

Derrière les casseroles des ateliers « Cuisinons sainement », on retrouve Andrée Vandal, bénévole depuis deux ans à L’espoir, c’est la vie. Elle ne se décrit pas comme une cheffe, mais comme quelqu’un qui aime profondément la cuisine et ce qu’elle permet de créer entre les gens.

« Je n’ai pas de prétention de professionnelle ou de cuisinière, simplement une passion », dit-elle.

Avant d’animer des ateliers de cuisine pour L’espoir, c’est la vie, Andrée a fait carrière en communication. Rien à voir avec la restauration, sourit-elle. La cuisine, elle l’a apprise en famille.

« En famille, on est vraiment mordu de bouffe », dit-elle. « Notre mère nous a transmis le goût de la nourriture. Et je trouve que c’est une bonne façon d’arriver au cœur de quelqu’un. »

Pour Andrée, la cuisine est surtout un mode de communication. C’est ce qui l’a naturellement menée vers le bénévolat, dans différents contextes, souvent liés à la préparation de repas.

Lorsqu’elle se rapproche de L’espoir, c’est la vie, c’est d’abord par l’intermédiaire de Marianne Pham, qui a animé ces ateliers pendant une vingtaine d’années, avant de prendre sa retraite et de devenir ambassadrice du programme. Puis Andrée prend le relais.

La cuisine pour rejoindre les personnes touchées par le cancer

La motivation d’Andrée va au-delà de la transmission des recettes. Elle veut rejoindre des personnes qui traversent une épreuve.

« J’ai le désir de les toucher et de faire en sorte qu’ils retirent quelque chose de cet atelier, » dit-elle.

Elle remarque que beaucoup de participants arrivent avec un souci très présent : mieux manger. Qu’ils soient nouvellement diagnostiqués ou en fin de parcours, ils veulent faire attention à leur alimentation, prendre soin d’eux, parfois aussi de leur famille. Proposer un atelier où l’on découvre des recettes simples, accessibles et saines tombe donc à point.

« Ce n’est pas un cours de cuisine, il n’y a pas de diplôme », explique-t-elle. « C’est simplement de proposer de découvrir des recettes faciles à faire, pas chères. »

Des recettes simples, économiques et savoureuses

La plupart des recettes qu’Andrée présente sont végétariennes, par choix.

« C’est intentionnel. Ce n’est pas cher et ça peut être très savoureux », reconnaît-elle.

Elle aime aussi s’inspirer de la cuisine du monde, comme les origines variées des participants. L’idée est de proposer des plats nourrissants, colorés et abordables.

Les réactions des participants la confirment dans cette approche. « Je ne savais pas qu’on pouvait faire un plat si savoureux avec de vagues lentilles », entend-elle souvent.

Andrée propose aussi des façons d’acheter plus efficacement et de réduire les coûts, en utilisant bien les aliments et en planifiant pour plusieurs repas.

La congélation fait partie de ses astuces. Préparer un plat pour quatre lorsqu’on vit seul, puis congeler des portions, peut faire une grande différence les jours plus difficiles.

Certaines personnes arrivent en n’ayant presque jamais cuisiné à la maison, d’autres sont des jeunes adultes qui découvrent qu’elles peuvent s’y mettre. Tout le monde y trouve sa place.

Un atelier, bien plus qu’un simple cours

Concrètement, chaque séance suit une structure simple. À leur arrivée, Andrée souhaite la bienvenue aux participants. Elle a préparé la recette du jour, imprimée pour chacun.

« Je ne veux pas qu’ils prennent des notes, on ne va pas perdre du temps avec ça », explique-t-elle.

Elle fait une démonstration de la recette, pendant que les personnes observent, posent des questions et apprennent au passage quelques techniques pour gagner en efficacité. Vient ensuite le moment tant attendu : la dégustation. Tout le monde s’assoit autour de la table pour goûter le plat.

C’est là que se joue une autre dimension essentielle de l’atelier : l’échange.

« Souvent, ça part de la nourriture, mais ça finit beaucoup plus loin dans leurs intérêts et leurs préoccupations », dit Andrée.

Les discussions s’ouvrent sur la vie quotidienne, les traitements, les émotions. Des personnes tout juste diagnostiquées côtoient des participants qui terminent leur parcours ou n’ont plus de cancer. Chacun apporte son expérience, ses questions, ses astuces.

Au fil des séances, des liens se tissent. Andrée parle d’un groupe qui devient « assez soudé assez rapidement ». Dans un cadre léger, sans pression, un véritable soutien se met en place, presque naturellement.

La soupe, grande championne

Si Andrée devait choisir un plat emblématique des ateliers, ce serait la soupe.

« La soupe, c’est la grande championne pour tout le monde », dit-elle.

Elle en prépare régulièrement, en alternance avec d’autres plats. Les préférences varient d’une personne à l’autre et les groupes se renouvellent : certains participants retournent au travail, d’autres complètent leurs traitements, de nouveaux arrivent. Mais la soupe reste un fil conducteur, simple, nourrissant et adaptable.

Pourquoi participer à un atelier de cuisine pour les personnes avec un cancer ?

Andrée résume la participation à un atelier de cuisine simplement : « Vous avez l’occasion d’acquérir plus de facilité à préparer certains repas, à découvrir de nouvelles choses et à rencontrer d’autres participants », dit-elle.

Elle insiste sur la simplicité des recettes, adaptées à des personnes qui n’ont pas toujours l’énergie ou le temps de cuisiner longuement.

Ce que les participants découvrent, au fil des rencontres, c’est qu’on peut cuisiner des plats savoureux sans que cela coûte cher ni prenne des heures. Et surtout qu’autour d’un plat partagé, la nourriture devient prétexte à parler, à s’écouter et à se soutenir.

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