Cela fait plus de 12 ans que je suis bénévole, à la fois en radiothérapie et en soins palliatifs.

J’ai décidé aujourd’hui de vous parler uniquement de la vision de mon rôle en soins palliatifs, de mes peurs (et aussi de mes pleurs), mais surtout des leçons de vie que j’en retire.

Tout d’abord, j’aimerais citer Samuel Benchetrit avec un court passage qui résume parfaitement la façon dont j’aborde mon rôle de bénévole.

« […], il ne faut jamais avoir peur de trop aimer. C’est ça le courage. Ne sois jamais égoïste avec ton cœur. S’il est rempli d’amour, alors montre-le. Sors-le de toi et montre-le au monde. Il n’y a pas assez de cœurs courageux. Il n’y a pas assez de cœurs en dehors. »

Pour moi, donc, les soins palliatifs, je les vois et je les vis avec le cœur.

En ce qui concerne mes motivations, mes raisons étaient évidentes quand j’ai pris la décision d’être bénévole en radiothérapie, car j’y avais été patiente et je voulais donner à d’autres ce que j’avais reçu. Je m’en sentais tout à fait capable, car je savais exactement ce par quoi les patients passaient pour l’avoir vécu moi-même. Mais les soins palliatifs, c’était un monde complètement inconnu et surtout rempli de mythes.

Par contre, je peux vous dire qu’aujourd’hui ce que je souhaite le plus, c’est donner aux patients autant que ce qu’ils m’apportent en me confiant une partie de leur vie. Car, c’est aussi de cela qu’il s’agit : la confiance que les patients nous offrent en partageant avec nous leur vie si précieuse.

Tout d’abord, je ne voyais pas vraiment comment j’allais pouvoir être utile. Je n’avais aucune idée de ce qu’étaient les soins palliatifs. En gros, pour moi, ce n’était qu’un mouroir.

Mon premier jour, j’ai rencontré Sophie et Jeannette, deux bénévoles qui étaient en train de préparer des bouquets de fleurs pour les patients. Dans cette simple activité, j’ai déjà pu sentir une espèce de bienveillance, de gentillesse. J’ai ensuite parlé avec Jeannette qui m’a donné ma première leçon.

Je me souviendrai toujours du moment où elle m’a dit : « Tu sais, Brigitte, les gens que tu vas rencontrer ici sont vivants et ils ont des besoins de personnes vivantes, ce n’est pas plus difficile que ça ». Effectivement, il fallait que je remplace l’idée de la mort par celle de la vie.

Ce que je souhaite le plus, c’est donner aux patients autant que ce qu’ils m’apportent en me confiant une partie de leur vie.

— Brigitte Cappe

La deuxième leçon de vie, je l’ai reçue de Rifka à la suite du décès de l’un de nos patients. Ce patient m’avait demandé de lui parler de ce qui se passait à l’extérieur. Nos rencontres étaient un peu comme celles entre deux amis qui se retrouvent. Il m’arrivait même d’oublier où nous étions. Puis, l’inévitable est arrivé.

J’étais en colère de n’avoir pas pu empêcher cela. Rifka m’a alors posé cette question : « Te souviens-tu de la dernière chose que vous avez faite ensemble? » Bien sûr que je m’en souvenais : nous avions eu un grand fou rire! Rifka a alors rajouté que ce n’était que de cela qu’il fallait que je me souvienne : le fait que j’avais pu rendre les derniers jours de Stéphane joyeux.

Il y aurait beaucoup à dire, mais en gros, être bénévole, c’est être disponible pour les gens à la fin de leur vie et aussi être là pour leur famille.

Je ne suis pas parfaite, je fais encore beaucoup d’erreurs, mais j’apprends! Et j’essaie, comme l’a si bien dit Samuel Benchetrit, d’avoir toujours le cœur en dehors!

Avez-vous un cœur extérieur? Si oui, pensez à devenir bénévole chez L’espoir, c’est la vie. Nous cherchons constamment des personnes avec un cœur d’or et du temps à partager. Nous avons hâte de vous rencontrer!

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