Par Marylin Smith Carsley

Tenir un journal intime offre l’occasion à son auteur de s’exprimer librement et sans être jugé. Dans notre société au rythme trop rapide, nous sommes conditionnés à traverser la vie sans prendre le temps de réfléchir. Écrire son journal constitue une action fort simple, qui promet de rapporter de nombreux bienfaits : conserver des souvenirs d’importance toute spéciale, prendre note de pensées et d’idées, et surtout améliorer la santé mentale.

L’espoir, c’est la vie s’est fait connaître par la variété de ses programmes, en particulier ceux qui renforcent les composantes émotionnelles qui accompagnent le cancer. Tenir son journal ne fait pas exception. Dans ce but, un groupe de bénévoles vient de compléter un programme pilote de 7 semaines, destiné à apprendre comment le tenir. C’est une travailleuse sociale, thérapeute agréée spécialisée dans ce domaine, Jean Rowe, de Caroline du Nord, qui a dirigé les séances virtuelles données sur Zoom, durant lesquelles elle a initié les bénévoles à une méthode permettant d’exprimer leur être intime.

Tout au long de sa carrière, Jean Rowe a assuré la formation de groupes qui ont pour objectif de tenir leur journal, en mettant l’accent sur le cancer et sur les soins personnels. La gestionnnaire des programmes du Centre de bien-être de L’espoir, c’est la vie, Carly Berlin, s’est familiarisée avec l’approche innovatrice de Mme Rowe puisqu’elle a participé à un cours en ligne offert par un organisme sans but lucratif. Prenant conscience du bénéfice qu’apporte cette méthode, Carly s’est attachée à la rendre accessible d’abord aux bénévoles, puis aux patients, aux soignants et aux survivants de L’espoir, c’est la vie.

Mme Rowe a commencé la formation par un exercice ou elle a demandé aux bénévoles de rédiger en 5 minutes leurs réactions à une instruction précise. Elle leur a ensuite demandé de réviser ce qu’ils avaient écrit et de se donner eux-mêmes de la rétroaction (du feedback). Certaines d’entre elles ont partagé leur texte avec le groupe, alors que d’autres se sont plongées dans une réflexion personnelle. Mme Rowe a insisté sur l’importance de s’ouvrir à ses propres pensées.  En d’autres mots, elle les a encouragées à se connecter  aux sentiments qu’elles avaient mis sur papier et, de surcroît, à les valider. Tenir son journal, a-t-elle expliqué, est un moyen efficace  pour les bénévoles de prendre soin d’elles-mêmes.

La bénévole et cheffe d’équipe en soins palliatifs, Lucy Di Cesare, a travaillé pendant 8 ans à apporter soutien et réconfort à des patients et à leurs familles. Elle a exprimé son enthousiasme  de participer à ce projet pilote : ‘’ Ces séances m’ont permis d’organiser mes pensées et, en relisant mes notes, j’ai éprouvé toutes sortes de sentiments.’’ Elle a aussi expliqué :’’ Dans le groupe, nous avons partagé nos journaux intimes et réfléchi sur ce que nous avions écrit.’’ Relire tout cela s’est avéré très utile, car cela lui a permis de revenir sur le contenu de sa journée.  Devenue ardente  défenseure de cette méthode, Lucy a exprimé l’espoir de voir, en fin de compte, tous les patient.e.s tenir leur journal intime.