Quand  Sarah Kettenbeil, âgée de 38 ans, a senti pour la première fois la bosse dans son sein, en décembre 2018, elle a compris que quelque chose n’allait pas. Ses soupçons se sont trouvés confirmés quand elle a reçu le diagnostic : cancer du sein de stade 2. Quelques mois plus tard, après un scanner qui a révélé une masse sur le foie, le diagnostic a changé : stade 4; c’est alors que Sarah a eu l’impression d’errer dans le brouillard.  “Le stade 4 est effrayant,” déclare-t-elle, ajoutant que moins de 2 ans plus tôt, elle avait perdu sa mère à la suite d’un cancer du poumon. Debout, près de la pharmacie de l’hôpital, en larmes, elle a entendu une autre patiente lui dire doucement :  “Vous pouvez parfaitement vivre avec des médicaments.”  Cette rencontre fortuite s’est avéré le moment crucial de la vie de Sarah, lui faisant totalement changer de perspective et réveillant sa combativité.

Le jour même où le stade 4 du diagnostic a été confirmé officiellement, Sarah s’est inscrite au groupe de soutien de L’espoir, c’est la vie Amies de cœur, amies de sein,    groupe unique en son genre  destiné aux femmes vivant avec un cancer du sein métastatique.  Il lui a suffi de quelques minutes de présence à la première réunion du groupe pour ressentir quelque chose qu’elle n’avait plus connu depuis longtemps : l’espoir. “Voir des femmes qui vivaient depuis 20 ans avec le cancer était merveilleusement encourageant. Cela m’a montré que je pouvais, moi aussi, vivre pleinement.” Déterminée à profiter de tout ce que L’espoir, c’est la vie offre, Sarah après avoir consulté la coordonnatrice du Programme d’exercices et de réadaptation pour le cancer, a commencé à s’exercer dans notre gymnase. Elle a également pris le cours de Fabrication de bijoux.

Arrive mars 2020, la COVID-19 nous envoie tous au tapis, entraînant confinement, isolement, incertitude et vulnérabilité. De la personnalité qu’elle était, extravertie, qui s’épanouissait dans les relations sociales, la voilà travaillant de la maison et affrontant les défis qu’apporte le cancer dans le contexte d’une pandémie mortelle. Vivre seule a aggravé son sentiment d’isolement. Heureusement, elle a pu se tourner vers le groupe de soutien Amies de cœur, amies de sein, qui a augmenté la fréquence des rencontres, passant d’une par mois à une par semaine, de manière à répondre au besoin évident de soutien constant. “L’espoir, c’est la vie a été la source essentielle qui m’a permis de sauvegarder les liens et m’a apporté le soutien mental et affectif  vital dont j’avais tant besoin, surtout pendant la pandémie,” déclare Sarah.

Par-dessus tout, selon Sarah, le groupe Amies de cœur, amies de sein, est un milieu sécuritaire où elle peut être totalement fidèle à elle-même, sans peur d’être jugée ou sans crainte d’avoir à vivre en fonction des attentes irréalistes de la société environnante qui dictent ce qu’elle doit faire ou ressentir. « C’est l’endroit où vous pouvez être ravagée et exprimer votre colère devant l’injustice du sort. Vous pouvez librement montrer vos émotions, négatives et positives, sachant que vous serez soutenue et comprise.”